Résumé
Mettre à profit les connaissances et la technologie pour le développement
La table ronde, organisée au titre du thème subsidiaire 3 - «Améliorer un environnement propice à tous les niveaux pour renforcer les capacités productives, le commerce et l’investissement: mobiliser les ressources et mettre à profit les connaissances pour le développement» -, a permis d’examiner le rôle des connaissances et de la technologie dans le développement et de recommander des mesures à prendre aux niveaux national et international pour intégrer les connaissances et la technologie dans les stratégies de développement.
La table ronde a été présidée par le Président de la Conférence, S. E. M. Joe Baidoo-Ansah, Ministre du commerce du Ghana, et animée par M. Art Reilly, Directeur principal de Cisco Systems. M. Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED, a fait un discours liminaire, qui a été suivi d’une déclaration de S. A. R. la Princesse Maha Chakri Sirindhorn de Thaïlande.
Parmi les intervenants figuraient S. E. M. Benjamin Aggrey Ntim, Ministre des communications du Ghana; S. E. M. Fadillah Yusof, Ministre adjoint de la science, de la technologie et de l’innovation de la Malaisie; S. E. M. Frank Heemskerk, Ministre du commerce extérieur des Pays-Bas; M. Michael Rawding, Vice-Président, Unlimited Potential Group, Microsoft Corporation; et M. Gordon Graylish, Vice-Président d’Intel Europe, Moyen-Orient et Afrique. Les principaux participants ci-après ont aussi pris la parole: M. George S. Dragnitch, Directeur, Office of Economic and Development Affairs, Bureau of International Organization Affairs, Département d’État des États-Unis; Mme Margaret Blamberg, Présidente du Comité des organisations non gouvernementales (New York) sur le financement pour le développement; Mme Tytti Nyahi, Service Centre for Development Cooperation (KEPA) (Finlande); et M. Ricardo Meléndez-Ortiz, Directeur exécutif, Centre international du commerce et du développement durable.
Connaissances, technologie, innovation et développement
Il a été noté que les connaissances, la technologie et l’innovation jouaient un rôle central dans le processus de développement. Les progrès scientifiques et techniques avaient été au coeur de la forte hausse de la productivité et du revenu par habitant. En outre, les applications scientifiques et techniques étaient devenues essentielles dans l’optique de la réalisation de la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement, surtout dans des domaines tels que l’atténuation de la pauvreté, la santé, l’éducation et l’environnement. On considérait que le développement technologique devait profiter à tous et notamment aux groupes marginalisés, en particulier les femmes et les filles.
La capacité d’acquérir, d’adapter, de diffuser et d’adopter les connaissances existantes était jugée cruciale dans chaque pays, quel que soit son niveau de développement. De même, la capacité de produire et d’utiliser de nouvelles connaissances était indispensable pour trouver des moyens nouveaux et novateurs de mettre les applications de la science moderne au service des enjeux locaux de développement. Dans ce contexte, les participants ont souligné l’importance du transfert de technologie, de la coopération technique et de la mise en place d’une base scientifique et technique solide qui permette d’élaborer des technologies adaptées à la situation locale. Ils ont noté aussi que les gouvernements des pays plus avancés jouaient un rôle important en faveur du transfert de technologie.
Les mesures nationales à adopter pour instaurer un environnement propice à l’innovation visaient à:
- renforcer le système national d’innovation;
- améliorer l’enseignement et la formation dans le domaine de la science et de la technologie;
- accroître les capacités technologiques des petites et moyennes entreprises;
- privilégier les activités de recherche-développement ciblées afin de trouver de nouvelles sources de croissance;
- promouvoir une culture de la créativité et de l’innovation;
- favoriser la normalisation et l’assurance qualité;
- améliorer les liens internationaux afin d’exploiter les connaissances mondiales.
Les participants ont souligné l’importance cruciale de l’existence d’un environnement propice aux niveaux national et international ainsi que de la contribution d’un cadre directif et réglementaire qui tienne compte des réalités nationales. Ils ont aussi relevé la nécessité:
- de mettre en place des partenariats public-privé;
- de préserver la concurrence;
- d’attirer l’investissement intérieur et étranger;
- d’améliorer l’infrastructure des technologies de l’information et de la communication (TIC), l’accès à ces technologies et le renforcement des capacités au profit des communautés insuffisamment desservies.
Dans de nombreux cas, une étroite collaboration entre les secteurs public et privé a contribué à améliorer l’accessibilité, l’enseignement, les liaisons ainsi que la teneur des projets scientifiques et techniques.
Perspectives
Il a été noté que les TIC pouvaient favoriser l’innovation et l’investissement. En fait, les TIC avaient la possibilité de mettre les pays en développement en situation de «sauter» les étapes du développement. Les participants ont noté en particulier la forte croissance de la téléphonie mobile et du haut débit, et leur contribution au développement.
Au-delà de l’utilisation des TIC dans le commerce, il a été noté que de nombreux exemples dans lesquels les applications des TIC et l’apprentissage de ces technologies par les groupes de population les plus faibles – tels que les enfants des zones rurales, les enfants malades, les femmes, les personnes handicapées et les détenus – avaient des effets positifs considérables. Ces initiatives permettaient à la population d’échapper au piège de la pauvreté, de trouver un emploi dans les secteurs d’activité à forte intensité de connaissances, voire de créer ses propres revenus en tant que travailleur indépendant.
Les participants ont noté que d’autres technologies nouvelles, notamment en matière de biotechnologies, de nanotechnologies et de sources d’énergie renouvelables, pourraient être des sources importantes de croissance. La collaboration entre les chercheurs et les acteurs du secteur pourrait favoriser l’extension de ces technologies et leurs contributions au développement.
Enjeux
Les participants ont noté que les progrès scientifiques et techniques n’avaient pas profité à tous les pays ni à tous les secteurs de la population. Les pays en développement, surtout les pays les moins avancés, n’avaient pas souvent la capacité de tirer parti des avancées technologiques. Même si la pénétration des TIC dans les secteurs et dans les pays s’était fortement accrue, la fracture numérique entre les pays et au sein de ces derniers demeurait un motif de préoccupation. Il existait aussi une fracture numérique en matière de contenu local dans le cadre de la diffusion mondialisée de nouvelles et d’informations.
Les participants ont noté avec préoccupation que le haut débit représentait la nouvelle dimension de la fracture numérique et méritait donc une attention particulière. Pour de nombreux pays, le principal enjeu était d’améliorer l’infrastructure du haut débit et de fournir à tous des services de pointe et d’un coût abordable en matière de TIC.
On considérait que la géographie pourrait poser des problèmes pour le raccordement matériel à Internet: les zones rurales étant isolées des principaux réseaux mondiaux, les connexions à haut débit dans ces zones pourraient ne pas être économiquement viables. Les pays sans littoral étaient défavorisés lorsque les connexions mondiales à haut débit se faisaient par câble sous-marin.
On estimait que des règles strictes en matière de droits de propriété intellectuelle pourraient être préjudiciables au transfert de technologie. Ces droits devaient favoriser l’investissement et l’innovation dans les pays en développement.
Perspectives et rôle de la CNUCED
On considérait que des stratégies nationales globales en matière de TIC devraient porter sur un grand nombre de domaines, notamment l’éducation, l’appui à l’entreprenariat, l’aide aux petites et moyennes entreprises, la recherche-développement, la promotion de la normalisation et des liens internationaux ainsi que la sensibilisation aux TIC en général. Les pays en développement devaient accorder un rang de priorité élevé à l’éducation et au renforcement des capacités dans le domaine de la science et de la technologie, donnant ainsi les moyens à la population de devenir économiquement indépendante.
Les participants ont estimé que la CNUCED pouvait étudier et définir de bonnes pratiques pour l’utilisation des TIC et favoriser l’échange d’informations. Une coopération étroite avec le secteur privé dans ce domaine serait bénéfique. La CNUCED avait aussi un rôle à jouer en matière de formation de consensus. Une question mériterait peut-être davantage d’attention, à savoir le rôle de la marge d’action dans le domaine du développement technologique. On considérait que la CNUCED devrait aussi se pencher sur la question des droits de propriété intellectuelle et de leur rôle dans la mise au point et la diffusion de technologies.
Les participants ont déclaré que la CNUCED, en tant que centre de connaissances, pourrait aider les pays en développement à renforcer leurs capacités d’élaborer et d’appliquer des politiques nationales relatives aux TIC et de mettre en place un système national d’innovation rationnel.
La CNUCED a aussi été encouragée à envisager la création d’un réseau qui permettrait aux scientifiques et aux ingénieurs de pays en développement d’entretenir des relations, d’échanger leurs points de vue et de partager les expériences nationales et régionales de promotion de la science et de la technique au service du développement.